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LES CHERCHEURS D'ART
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Ce qui distingue Philippe Lejeune de ses contemporains, c'est qu'il a quelque chose à dire, et qu'il le dit dans un langage pictural très riche et d'une grande hauteur d'esprit.

Jean Souverbie (1891-1981), peintre français


<< Ecrire du grand peintre Philippe Lejeune, il m'est impossible de le faire en m'occupant simplement de sa peinture et de sa personne. Il est le peintre par excellence.

Les saints, les poètes, les artistes - comme Philippe Lejeune - sont ceux qui, tout en vivant à côté de nous sur la terre, et en travaillant comme nous autres sur la terre, ouvrent pour nous les fenêtres par lesquelles nous voyons le ciel, l'éternité, l'immortalité.

Les artistes - ceux qui refusent la vie unidimensionnelle et exclusivement terrestre, qui refusent la vie mutilée de l'esprit et s'acharnent à considérer l'homme intégral - payent leur lutte par leur propre sang, par leur vie. Ils sont les martyrs des temps modernes, d'aujourd'hui. Philippe Lejeune est parmi eux. Son autoportrait le montre sans ambiguïté : il est pareil à ses peintures, et aux saints des icônes.

Philippe Lejeune est un créateur à la manière de Dieu. Chez lui, l'homme est au centre du cosmos, intégral, et sa chair est en train de devenir esprit.

Que les anges te protègent, toujours et partout, Philippe Lejeune, car toi tu fais le même travail qu'eux, le même travail que les anges.

Révérend Père Virgil Gheorghiù (1916-1992), romancier roumain

T e x t e sI e x t r a i t sI

<<<Ils ont dit de lui

P h i l i p p e L E J E U N E et son temps

Ses contemporains parlent de son parcours

La peinture de Lejeune est admirable et atteint ce niveau où elle entre dans l'Art classique par la grande porte de la technique, de l'imagination, du savoir et de la méditation profonde. Elle est hors du siècle et pourtant dans le temps que nous vivons d'inquiétude, d'angoisse et de rigueur.

Que Lejeune soit un cas, c'est certain. Sera-t-il compris ? C'est autre chose, la mode étant au facile et cet Art étant difficile. Mais que Lejeune soit un des futurs noms de l'histoire de l'Art de la seconde moitié du XXe siècle, j'en tiens le pari.

Jean Bouret (1914-1979), écrivain et critique d'art

Comment comprendre ce cas exceptionnel ? D'abord, l'homme lui-même est extraordinaire. Ce solitaire d'Etampes, dont tous les instants sont dévorés par son travail, est issu d'une famille cultivée à l'extrême... Fra Angelico, Grünewald, Delacroix, Seurat l'éblouissent, bien qu'on ne les discerne guère dans son œuvre.

Raymond Charmet

Le peintre témoigne, en clair et en couleurs, des mœurs de son temps, ou de l'état de la planète autour de lui. Quelquefois avec un peu d'avance, et c'est l'impressionnisme ouvrant l'ère nucléaire où tout, à tout instant, peut être transformé en lumière et en chaleur : on sent qu'il faudrait peu de chose, un petit coup d'accélérateur de particules, pour que cette exquise dame de Claude Monet fusionne définitivement avec le soleil.

Il témoigne aussi de l'état des esprits : ainsi les lignes divergentes et les taches indécises ou conflictuelles de la peinture abstraite illustrent-elles avec précision l'ère du "non-sens" intellectuel où nous sommes engagés depuis une cinquantaine d'années, "non-sens" étant à prendre ici à la lettre, et sans que l'on y mette d'intention péjorative ; on ne fait pas allusion à l'absurdité, mais à l'inintelligibilité de l'univers, selon la pensée moderne.

Lejeune, lui, a choisi le plus difficile - mieux vaudrait dire qu'il y a été délégué. Il témoigne de ce qui nous reste de vie spirituelle dans un monde gelé, de plus en plus réduit à ses relations mécaniques et qui a remplacé la vie intérieure par la culture, en attendant de substituer à la culture une petite mémoire transistorisée qu'il se logera dans l'oreille.

Lejeune va chercher la contemplation où elle séjourne encore, à l'écart de la ville. Il se penche sur cette eau dormante, et il y pêche des formes qu'il nous offre avec le désir fraternel de nous faire partager sa vénération pour les œuvres de Dieu. Et il y réussit.

André Frossard (1915 - 1995), écrivain et journaliste

Extraits des VISIONS CREATRICES

Il trouva, dit-il, le chemin à quatorze ans en découvrant " Les Maîtres d'autrefois " de Fromentin.

Aidé par une probité native et Dieu, Philippe Lejeune, défiant l'époque, nous apparaît aujourd'hui comme un maître de toujours.

Pour lui, la transfiguration est le but de l'art, et ce n'est pas ce que nous regardons qui compte, mais le lieu, en nous-même, d'où nous regardons. Et s'il s'agit du haut lieu que suscite la foi, le problème de la beauté est résolu : l'artiste ne refait pas ou ne défait pas la création, il cherche et révèle l'angélisme des créateurs, leur surnature divine.

Louis Pauwels (1920 - 1997), écrivain, journaliste, fondateur de la revue "Planète"

Laque rouge, émaux pervenche ou jade, un luisant caramel, une émeraude printanière... voilà les plages de couleur que Lejeune distribue - ou bien sobrement satinées, ou bien d'un éclat vernissé. Parfois le panneau est autorisé à montrer son bois, non par fantaisie mais par besoin de trouer, d'endiguer la nébuleuse créatrice... qui tourne et conduit du pigment à l'imaginaire.

Une trame curviligne y met un ordre, ici lâche, ici précis et, de cette matière picturale, son éveil, ses formes, surgissent les fragments d'un graphisme saisissant qui mobilisent l'âme : un capuchon sur des yeux, une jarre pour le vin de Cana, les orgueilleux turbans de Saül et David, les corps flous mais les faces incisives au Jardin des délices... à Tibériade une chevelure pathétique. Lejeune sait surprendre ou achever son acte créateur, en tout ou partie. Son œuvre est de gestation relative, au gré de son harmonie intérieure.

Aujourd'hui, c'est l'imagerie sainte qui a promu son trait - comme il y a trois siècles dans un lacis d'encre de Chine - la prouesse brève, jaillie pour la chose vue, d'un Rembrandt... Toutes proportions gardées ? Certes ! Mais l'héritage d'art, c'est-à-dire d'une commune exaltation à vivre, autorise les assimilations et les rêves.

Ainsi, moi qui ne sais pas tenir un pinceau et qui jalouse les peintres, quand je me repais d'un Lejeune, j'en trouve en moi le suffisant écho pour admettre un instant que, par mon enthousiasme, j'ai pris part à son inspiration.

Pierre Debray-Ritzen (1922 - 1993), médecin et écrivain français

Il y a quarante ans que Philippe Lejeune m'étonne et, je dois le dire aussi, m'intimide. En effet, cet homme qui est né un pinceau à la main n'est pas seulement un peintre. Il est aussi un sourcier qui capte sous la surface des ruissellements secrets. Ne comptez pas sur lui pour qu'il vous restitue une pomme, telle que l'œil l'appréhende immédiatement. Il vous en montrera d'abord les pépins et la pulpe, leur agencement invisible et même leur acheminement vers le pourrissement d'où se dégageront alors, comme par enchantement, la couleur et la forme d'une pomme vive.

Je me souviens de l'effarement d'une mère à qui Philippe Lejeune faisait compliment du joli teint de son enfant en lui disant : "On voit la terre verte dans la transparence de sa peau." Ou celui de cette jeune femme à laquelle il signalait "l'élégance de son squelette".

D'où l'aspect surréaliste, parfois cubiste de ses toiles, abstraites au premier regard, figuratives ensuite. D'un chaos, d'un magma, d'une atmosphère nébuleuse ou embryonnaire, surgit peu à peu la vie. Son inspiration est celle de la résurrection. De l'obscurité jaillit la lumière. Du néant, la forme, le dessin précis. Mais c'est une résurrection qui ne s'opère pas sans bruit ni déchirure.

Geneviève Dormann, écrivain

<<Pour Philippe Lejeune, Dieu écrit le réel avec style. Comme Champollion passant par le grec pour traduire l'indéchiffrable, il exprime la beauté en couleurs et surfaces qui s'aiment, selon la syntaxe, le rythme et l'harmonie que lui a révélés le visible. C'est pourquoi sa peinture naît d'abord abstraite: abstraite comme le lien mystérieux qui tisse une page de Britten ou de Debussy ; la sensualité procure docilement à la composition ce qu'elle réclame, comme l'oreille s'applique à conjuguer les notes. En ce sens son œuvre hérite de Cézanne qui disait : "La technique d'un art comporte un langage et une logique". Mais l'artiste, alors préoccupé comme un enfant de bien sculpter un coquillage, tout à coup s'étonne d'y entendre la mer : ce qui resterait un bleu de cobalt ou une équation lui révèle une nécessité plus grande où le sens et la raison se mirent : telle courbe impose un torse, cet ocre dicte la place d'un visage, cette matière nacrée appelle un drapé.

Pariant avec confiance que l'inconnu s'exprime, Lejeune, tel Orphée, nous force d'écouter les subtils accords du vent : sa palette est une harpe et son chant retrace une épopée éternelle. Chacun peut retrouver dans les acteurs de ce théâtre intérieur ses compatriotes, comme les bergers de Poussin affirmant "moi aussi je suis allé en Arcadie". Ils parlent en paix des arrhes de la Promesse, apportant le contrepoint de leur conscience aux caprices des éléments. "Lejeune est le dernier des peintres d'Occident ou le premier comme on voudra", écrivait le grand critique d'art Jean Bouret à son propos.

Nathalie Gobin (1964-1992), peintre, élève de Lejeune


J'aimerais vivre avec quelques-unes des peintures de Philippe Lejeune.

Je n'imagine pas que l'on cohabite avec un tableau de Lejeune sans percevoir les bienfaits d'une présence amie. J'admire que, là où scintille le métaphysique, c'est le charnel qui nous emporte par une offrande chaleureuse à la convivialité.

Lejeune, comme Léonard et comme Watteau, est un esprit numérique. Il ne met pas au carreau sa pensée, mais il peint les rythmes de notre cuture, en civilisé du nombre d'or. Il tient de son maître Maurice Denis qu'un "certain ordre" est l'ordre même. Il nous force aux résonnances pour nous reposer des raisonnements.

J'aime les peintures de Philippe Lejeune, parce qu'elles sont aussi vibrantes qu'apaisantes. J'aime l'homme Philippe Lejeune, derrière son œuvre, parce qu'il est aussi défini qu'inépuisable.

Jean Ferré (1929 - 2006), journaliste, fondateur de Radio-courtoisie

Il y aurait quelque indécence à parler de talent à propos d'une peinture si profondément pensée et magistralement exécutée. Il y a beaucoup de science et d'amour, beaucoup d'humilité aussi, dans cet art sublime qui ne ressemble à rien d'autre, et dont la seule beauté formelle résume six siècles de peinture.

Un très grand peintre dont on peut prédire à coup sûr qu'il "restera".

Maurice Tassart, critique d'art


<<Vous autres scientifiques, vous désarticulez le monde, vous le réduisez en morceaux. Tel l'enfant qui démonte un réveille-matin vous rejetez les pièces en trop. Et si votre univers remonté tant mal que bien égrène encore des prédictions, parfois réalisées, alors vous affirmez la justesse de vos modèles amputés.
Le philosophe considère tout autrement les choses, il ne cherche qu'à les montrer.

-Voyez cette puissante montagne et cette bâtisse près du sommet; et sur la crête au-dessus, à la limite des névés, ce terrain parsemé de points minuscules. Tiens, l'un d'eux vient de bouger.

-Ce sont des chamois, d'une agilité extrême et d'approche fort difficile. Il faut les admirer de loin pour les discerner tout à fait.

Puis après un silence:

-Un homme dit à l'autre: regarde, vois-tu ce que je vois?... et pendant un instant tous deux contemplent la beauté.

-C'est cela la philosophie".

Cet enseignement de Baldwin Schwartz me revenait en mémoire devant un tableau de Philippe.

Son art est-il philosophique ?
Mène-t-il au discernement ?

Ce serait oublier que le cerveau qui regarde utilise tour à tour les réseaux différents pour enregistrer les couleurs ou pour analyser les formes et ce troisième encore pour appréhender le temps.

La peinture peut certes sublimer formes et couleurs et les isoler pour toujours du flux du réel qui passe.

Mais peut-on véritablement négliger la durée ?
Voyez ces tons amoncelés, ces nuances qui tantôt s'opposent ou se répondent, pure harmonie colorée.

Progressivement en émergent formes, figures, paysages, sujet. Le titre vous sera donné par après; le temps ainsi fera son oeuvre.

La démarche du philosophe et le cheminement de l'artiste se répondent en ceci:

-la sagesse conduit de l'admiration au discernement,
-l'art commence à l'enchantement et mène à la révélation.

-Voyez.

Jérôme Lejeune

Membre de l'Institut
Membre de l'Académie pontificale des sciences


"Quand la souffrance est belle comme la vie, l'émotion au fond de nos coeurs est indicible, quand nous regardons l'oeuvre lumineuse de Philippe Lejeune, et ses ombres..."

Jean-Loup Dabadie de l'Académie Française


<<J'ai toujours eu une grande admiration pour l'oeuvre de Philippe Lejeune.

Lorsque j'ai eu la chance d'y être initié par un de mes amis, ce fut un choc, une révélation. Après avoir, pendant des années, assidûment visité des expositions, des ateliers, la Cité Internationale des Arts, je me suis attaché à son oeuvre et ai eu la chance de collectionner, petit à petit, avec amour et enthousiasme, certaines huiles ou aquarelles, quelques portraits.

Ses sujets ne sont jamais conçus d'avance; ils sont, au départ, imprévisibles, mais toujours imprégnés d'un christianisme émouvant.

Parfois on pense à Jérôme Bosch, à Fra Angelico ou au Gréco, quand on cherche une inspiration, mais on s'aperçoit vite que sa palette n'appartient qu'à lui, Philippe Lejeune, par la diversité de sa gamme chromatique, de ses glacis, de ses lumières, par le contraste entre la légèreté de ses flous poétiques et la netteté des visages de ses personnages.


Philippe Eloy