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C’est le « Si fallor, sum », si je peux me tromper, ce que je fais existe. C’est une condition importante à laquelle il faut toujours penser. Trouver la solution du problème posé par le premier coup de pinceau, suppose qu’on écarte bien des solutions.

La peinture, ce n’est pas des idées, mais des couleurs. Que les couleurs rejoignent les idées, certes, mais…

Peindre est une manière de vivre sa mort, comme le reste, mais qui a le mérite d’être harmonieuse.

Il faut transcrire et non décrire.

Quand vous aurez compris que le dessin de Raphaël est aussi une convention, vous verrez qu’il n’y a pas de vérité en peinture, mais des choix obligés.

Le dessin, c’est la perspective, mais certainement pas la “probité de l’art”. Les dessins d’Ingres passent l’honnêteté. “L’odalisque” a une vertèbre de trop.

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<Peindre est une détermination ; or déterminer, c’est éliminer tout ce qui n’est pas son choix. On est peintre, lorsqu’on décide de ne plus se servir de la vue que pour enregistrer des formes et des couleurs. Peindre, c’est refuser tout ce qui n’est pas surface colorée, c’est décrire l’inénarrable.

Je crois que ma peinture ressemble à un jeu, au sens où elle échappe à la nécessité, mais à un jeu dramatique : il reste une balle dans le barillet. Mon frère me regardant peindre me demanda un jour : « Mais qu’est-ce que tu corriges sans cesse ? Et d’abord corriges-tu ou bien suis-tu une sorte de hasard ? » C’est vrai que j’apporte des corrections.

La peinture est une terrible confession.
<< Peindre est une manière de vivre sa mort, comme le reste, mais qui a le mérite d'être harmonieuse >>.

<< Peignez avec tendresse, de la tendresse… Ne mettez pas une touche que vous n’aimiez pas >>.

La peinture n’est pas une solution au problème du visible, elle est une méthode.

<< La peinture est réellement de la philosophie appliquée. Elle pose, juste avant la métaphysique, les problèmes de l’intelligible, mais de façon sensible. Elle est analogique plutôt que numérique >>.

La figuration ne doit venir qu’en dernier lieu, pour justifier l’abstraction. Elle est le dernier choix du peintre.

La peinture est une ordonnance. Elle est notre propre ordonnance pour les maux, dont nous souffrons. Si nous sommes sincères, les autres y trouveront un remède. Le premier des maux, c’est de n’avoir pas décidé de naître, bien sûr. 



T e x t e sI e x t r a i t sI d e s

c a r n e t s d ’ a t e l i e r

P h i l i p p e L E J E U N E

Mémoire Vivante, éditeur. 12, rue Lacuée, 75012 P A R I S

Dessiner est absolument antinaturel. On croit qu’il suffit d’avoir la “patte”. C’est stupide : les gens habiles de leurs mains ne dessinent pas bien du tout. Dessiner est constamment corriger la vision que nous avons du réel. Naturellement vous faites la tête trop grosse, en accord avec une affinité élective de votre esprit. Un dessin qui serait “naturel”, serait difforme.
Vous aimez le dessin. Je ne peux pas vous dire les limites de cette démarche, il faut que vous les trouviez vous-même. Vous aurez à lutter contre votre mémoire : vous voulez être Léonard, parce que c’est le plus intellectuel des peintres.

Extraits des VISIONS CREATRICES